Detroit à l’Olympia, le divin Kudo assure un gros son rock

28/11/2014

Detroit à l’Olympia, le divin Kudo assure un gros son rock

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Qui l’eut cru, l’association entre une salle acoustiquement réputée, un design et un calage bien réalisés, un mixeur qui a de la feuille et des musiciens qui assurent nous a fait entendre du Kudo comme rarement avant, dense, plein et précis. Et si cette boîte qui fête ses dix ans était faite pour le rock et rien que pour le rock ?

Detroit et Bertrand Cantat

Un artiste phénoménal qui monte un nouveau groupe et se produit à l’Olympia avec Potar à la technique, on ne risquait rien, sinon une grosse claque. Bingo.

Dès notre arrivée dans la salle, nous sommes renversés par une balance flirtant avec le 0Vu sur la CL5 et faisant la part belle à tout le catalogue rock mondial, le bœuf rêvé. Autant dire que ça commence fort au sens propre comme figuré.

L’arrivée du patron sur scène nous permet de savourer quelques titres du show dont un où la complicité entre Bertrand Cantat et Fabien Langard, qui assure la face, fait plaisir à voir et à entendre. On profite de ces instants de son, de gros son, pour nous balader dans une salle en mode « parterre tout debout » avant de remonter à la console les yeux cernés par cette heure de patate cadeau, afin de discuter et découvrir qui se cache derrière ces bons dB.

Un Mix bien rock !

Une balade dans la salle durant la très longue balance prouve encore une fois la qualité du calage et la précision de tir d’une boîte pourtant née il y a 10 ans. Le balcon est très bien servi par 8 Kudo par côté avec un niveau assez constant jusqu’au dernier rang de sièges où le médium devient un peu plus brouillon ce qui est normal, surtout à salle vide. Le grave et l’extrême grave sont aussi un peu en retrait mais sans que cela ne soit vraiment gênant. Ca tape encore bien.

En revenant à hauteur de la console, on récupère un bas généreux et rond qui va comme un gant au groupe. Il est dû aux 16 têtes mais aussi à un cluster central de 4 SB28 en montage cardioïde accroché entre les deux lignes principales. A salle vide, ça tourne un peu entre 80 et 160Hz mais tout rentre dans l’ordre une fois le public « bass trap » en place ;0). Le son est corpeux et gras avec un rendu assez rauque du bas médium, exactement ce qu’il faut pour emmener très loin les fans, sans avoir besoin de leur faire saigner les oreilles.

C’est crade juste ce qu’il faut, un mix bien rock, pas là pour faire joli ou propret. L’écoute à l’orchestre est différente, mais même perdus loin en arrière sous la casquette du balcon, une paire de Kara qui y est accrochée veille au grain et vient rafraîchir le haut.
Fait assez rare pour être signalé, ce n’est pas du line array mais bien quatre ARCS, posés sur deux SB28 par côté, qui arrosent le parterre débarrassé de tout siège, épaulés par quelques 12Xt pour les front. Autant le dire tout de suite, nous sommes restés un peu sur notre faim avec cette configuration. Comparés aux Kudo et à leur chouette attaque et définition, disons même couleur dans le bas mid, les 8 boîtes à courbure constante nous ont semblé moins à l’aise, moins précises et un peu en retrait dans l’attaque du grave et surtout dans le bas médium, sevré de patate dans la dynamique d’ensemble.

Quelques marches à monter, à nouveau dans le tir des Kudo, on retrouve ce que Fabien mixe par ailleurs très bien. Il y a toujours eu des écarts de rendu à l’Olympia entre orchestre et balcon, le choix de systèmes différents les rend d’autant plus perceptibles qu’on ne mixe que pour un type de diffusion. Pour une fois, c’est le balcon qui est mieux servi. Superbe voix pour Bertrand Cantat. La fluidité et le grain réunis sans que ça ne pisse l’aigu.

Après notre passage et en prévision de la tournée des Zenith, Fabien a retravaillé sa chaîne de voix avec toujours le préamplificateur Europa 1 Dave Hill en tête, partagé entre retours et façade en exploitant le réseau. Vient ensuite un Distressor en mode « limiteur de chez limiteur » pour contrôler les crêtes de Bertrand, soit un ratio -Nuke-, une attaque rapide et un relâchement qui l’est tout autant.

Histoire de rester dans la même famille, suit un Lil Freq d’Empirical Labs, et pour terminer et compresser le tout, un bon vieux DCL200 de chez Summit en 3:1, attaque super lente et relâchement moyen. Le tout retourne sous forme de bits au travers du 2192 Universal Audio. Si après ça la voix de Bertrand qui est déjà superbe ne brille pas de mille feux…

Detroit tourne jusqu’au 13 décembre. Ne ratez pas l’occasion d’écouter du bon rock et retrouvez l’espace de quelques titres la claque de NoirDez’. C’est toujours aussi bon !

2018-01-30T11:50:53+00:00
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